~9 minutes de lecture · écrit par Mehrdad, fondateur de Mekavo

Vous avez une cour derrière l'atelier. Ou un terrain à côté du magasin. Six places, dont trois vous servent vraiment.

Les trois autres, tout le quartier les connaît. La gare est à deux cents mètres, le parking payant coûte deux euros de l'heure, et chez vous c'est gratuit. Vous mettez une chaîne, on la coupe. Vous mettez un panneau «propriété privée», personne ne le lit. Et un jour la question arrive : et si je faisais payer ?

Cet article est la réponse honnête. Ce n'est pas la version commerciale : c'est ce que dit le code de la route, article par article, y compris la partie qui va vous déplaire.

Oui, vous pouvez faire payer. Et non, le code de la route ne s'applique pas chez vous

Mettre une place à disposition contre un prix est un contrat entre vous et le conducteur. Vous n'avez pas besoin d'une licence de parking public, ni de barrières, ni de devenir exploitant de parc de stationnement.

Et le code de la route lui-même reconnaît que votre terrain n'est pas la voie publique. Il parle des «lieux publics ou privés où ne s'applique pas le code de la route» — c'est-à-dire chez vous. Les règles de la commune, l'horodateur, le forfait post-stationnement : rien de tout cela ne vous concerne.

La contrepartie est immédiate, et c'est tout le sujet de cet article : puisque la puissance publique ne régit pas votre terrain, elle ne vient pas non plus y faire la police à votre place — sauf selon une procédure très précise.

Vous ne déplacerez jamais la voiture vous-même

C'est le point sur lequel les propriétaires se mettent en tort, en général avec les meilleures intentions du monde.

L'article L325-12 du code de la route pose le principe :

« Peuvent, à la demande du maître des lieux et sous sa responsabilité, être mis en fourrière, aliénés et éventuellement livrés à la destruction les véhicules laissés, sans droit, dans les lieux publics ou privés où ne s'applique pas le code de la route. »

Deux expressions à retenir. « À la demande du maître des lieux » : vous demandez, vous n'exécutez pas. Et « sous sa responsabilité » : si la demande était injustifiée, c'est vous qui répondez, pas la fourrière.

Et à qui adresse-t-on cette demande ? L'article R325-47 est sans ambiguïté :

« Le maître de lieux publics ou privés où ne s'applique pas le code de la route qui veut faire procéder à l'enlèvement d'un véhicule laissé sans droit dans ces lieux en adresse la demande à l'officier de police judiciaire territorialement compétent. »

Autrement dit : pas de sabot posé par vos soins, pas de dépanneuse appelée de votre propre initiative, pas de voiture retenue jusqu'à paiement. Vous écrivez à un officier de police judiciaire, et c'est lui qui décide.

Les huit jours que personne ne mentionne

Et si vous savez à qui appartient la voiture ? Beaucoup pensent que cela accélère les choses. C'est l'inverse. L'article R325-48 :

« Lorsque le maître des lieux connaît l'identité et l'adresse du propriétaire du véhicule, il joint à sa requête la justification qu'il l'a mis en demeure, avec demande d'avis de réception, d'avoir à retirer son véhicule dans un délai de huit jours à compter de la date de réception. »

« L'officier de police judiciaire vérifie, avant de prescrire la mise en fourrière, l'identité du propriétaire du véhicule. »

Regardez ce que cela suppose concrètement : une lettre recommandée avec avis de réception, huit jours pleins à compter de la réception, la conservation de la preuve, puis une requête à l'officier de police judiciaire, puis sa propre vérification. Comptez plusieurs semaines dans le meilleur des cas.

🩸 Et voilà la conclusion qu'il faut en tirer, parce qu'elle est structurante : cette procédure est faite pour l'épave, pas pour le pendulaire. Pour la voiture abandonnée depuis six semaines, elle existe et elle fonctionne. Pour celui qui reste trois heures de trop tous les matins, elle est totalement hors sujet. Contre celui-là, il n'existe qu'un seul outil qui marche : un prix simple à payer.

Ce que cela change pour la manière de s'y prendre

En France plus qu'ailleurs, le modèle fondé sur la sanction ne tient pas debout pour un petit propriétaire. Vous n'avez ni le pouvoir d'enlever, ni le temps de la procédure, ni l'envie d'expliquer une lettre recommandée à un voisin.

Ce qui reste, et qui marche, est ennuyeux à décrire : un panneau lisible, un prix raisonnable, un paiement en trente secondes depuis le téléphone. Les gens paient quand payer est plus simple que ne pas payer. Ce n'est pas de la morale, c'est de la friction.

Ce que nous faisons — et où nous nous arrêtons

Nous préférons le dire franchement plutôt que vous laisser le découvrir.

Mekavo s'occupe du paiement : le panneau QR à l'entrée, le conducteur qui paie depuis son téléphone, le reçu, le virement sur votre compte via notre prestataire de paiement régulé, et le tableau de bord qui vous montre ce qui se passe chez vous. Nous prenons 5 % par session, prélevés sur votre part et jamais ajoutés au prix du conducteur. Pas d'abonnement, pas de matériel à acheter.

Ce que Mekavo ne fait pas : nous n'enlevons aucun véhicule, nous ne saisissons aucune fourrière, nous n'envoyons aucune mise en demeure et nous ne recouvrons aucune créance. Si votre problème est une camionnette abandonnée depuis six semaines, nous sommes le mauvais outil — il vous faut la procédure des articles ci-dessus. Nous réglons l'autre cas, bien plus fréquent : le terrain où des gens se garent tous les jours et paieraient volontiers s'il existait un moyen.

Enfin, vos obligations fiscales restent les vôtres. Dès que vous encaissez, parlez-en à votre comptable — avant le premier euro, pas après.

Ce que cela rapporte, sans promesse

Calcul prudent pour une petite cour : six places dont quatre exploitables, en semaine uniquement, un tiers occupé en moyenne, deux heures de stationnement moyen, à 1,00 € de l'heure, et en supposant que seuls 70 % paient réellement.

  • ~2 conducteurs payants par jour × 2 heures × 1,00 € = 4,00 € par jour
  • × 22 jours ouvrés × 12 mois ≈ ~1 050 € bruts par an
  • Commission Mekavo de 5 % ≈ 53 € par an
  • Les frais de carte sont pris sur nos 5 %, pas sur les vôtres

Ce sont des chiffres d'illustration, pas une prévision. Une cour près d'une gare lyonnaise et un terrain dans un bourg n'ont rien à voir. Ce qui compte, c'est l'ordre de grandeur — et une chose qui n'apparaît dans aucun tableau : quand un prix est affiché, les discussions au portail s'arrêtent. On ne discute pas avec un panneau.

Trois choses à faire cette semaine

  1. Vérifiez votre titre de propriété et votre autorisation d'urbanisme. Assurez-vous qu'aucune servitude ni condition ne s'oppose à un usage commercial de la surface.
  2. Rédigez votre panneau comme un contrat. Le prix doit être lisible depuis l'entrée, avant que quelqu'un ne se gare. Un panneau illisible ne vous protège de rien.
  3. Regardez le tarif du parking public le plus proche. C'est votre référence. Se situer légèrement en dessous est presque toujours la bonne décision.

Et si Mekavo ne vous convient pas, le principe compte plus que la marque : demandez un prix juste, rendez le paiement facile, et ne confiez pas votre terrain à quelqu'un dont le modèle économique vit des erreurs des conducteurs.

Sources

Cet article ne cite que des textes officiels français. Nous ne citons ni concurrents ni sites commerciaux.


Écrit par Mehrdad, fondateur de Mekavo. Mekavo Ltd est immatriculée au Companies House (#16477044), à Leicester, Royaume-Uni. Cet article est une information générale et ne constitue ni un conseil juridique ni un conseil fiscal — consultez un avocat ou votre comptable pour votre situation précise.

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